Project Description

Présence : le samedi 20 novembre

Loris Chavanette est docteur en histoire et spécialiste de la Révolution française. Auteur de plusieurs livres sur le sujet, dont une anthologie sur la correspondance de Napoléon (Bouquins), son essai Quatre-vingt-quinze. La Terreur en procès (CNRS Editions) a reçu le prix de l’Assemblée nationale et de la Fondation Stéphane Bern, Institut de France. Il a aussi publié un roman historique La Fantasia, chez Albin Michel.

Danton et Robespierre : le choc de la Révolution – Passés Composés

A paraître le 8 septembre 2021

Danton et Robespierre sont restés, dans l’imaginaire collectif, deux monstres politiques incarnant deux faces de la Révolution. Car si l’on en croit la puissance du verbe, à la capacité d’entraînement de cet art consommé de la séduction, la parole de Danton et de Robespierre porte un écho qui dépasse de loin leur mort. Ils témoignent de cette vérité que rien dans le monde ne se fait sans passion. En cela ils sont le miroir d’une génération, d’un élan et d’une certaine idée de la France, dans ce qu’elle a de profondément national et universel. C’est pourquoi aussi ils incarnent plus que ce qu’ils ont été, et parlent encore. Tout semblait les unir. Ils étaient avocats et du même rang social, des bourgeois. Ils étaient tous les deux révolutionnaires, patriotes, démocrates, républicains. Tous les deux, premiers élus de Paris, montaient à la même tribune, étaient du même parti de la Montagne, fréquentaient les mêmes sociétés politiques, ayant les mêmes amis, les mêmes ennemis. Jeunes et déjà célèbres, ils ont gouverné la France par la puissance de leurs discours, avant que la fièvre révolutionnaire ne les emporte. Ils promirent de donner leur vie pour la Révolution et moururent la même année, à trois mois près.

Entre l’éternité, l’océan et la nuit : Correspondance – Robert Laffont

« Napoléon écrivain est aussi grand que Napoléon homme d’État ou capitaine », disait Thiers.
Chez Napoléon, l’écriture – même dictée – est le prolongement de l’action. Elle l’accompagne, elle la magnifie, elle la transfigure. Elle en a aussi bien été transfigurée. L’action, l’exercice du commandement et le travail gouvernemental auront fait l’apprentissage littéraire de Napoléon. Son style s’y est épuré, il s’est ramassé, réduit à une algèbre. Rien n’est plus remarquable que les dizaines, les centaines de lettres, d’ordres, de billets qui précèdent le déclenchement de chaque campagne. C’est qu’alors Napoléon est au maximum de ses capacités, l’oeil à tout, attentif aussi bien à la conception d’ensemble qu’aux détails de l’exécution.
Le jeune homme, l’officier, le chef d’armée, le stratège, le diplomate, l’administrateur, l’orateur, l’amant, le frère, le législateur ont tous leur place dans les choix judicieusement faits par Loris Chavanette. Ce sont vingt années incomparables – et même un peu plus si l’on ajoute les années de jeunesse – qui défilent ici. Et quelles années ! Je crois bien que l’histoire n’offre pas un seul épisode comparable à celui-ci. C’est un tourbillon, une tornade qui s’abat sur l’Europe et même au-delà.
La lecture de la correspondance de Napoléon n’est pas seulement instructive, elle n’aide pas seulement à mieux comprendre le personnage et les circonstances de sa vie, à prendre la mesure de ce destin unique. C’est un cordial pour les temps maussades que nous vivons, une excursion vers des cimes où l’air est pur et vif. Il y a donc toutes sortes de bonnes raisons de découvrir, ou de redécouvrir, l’un des monuments les plus étonnants de notre histoire littéraire.
Patrice Gueniffey

Le Directoire : Forger la République – CNRS Editions

« La recherche de l’ordre et d’une issue aux violences et épurations successives, auxquelles la République semblait condamnée, était devenue en 1795 le rêve de toute une génération avide de rétablir la stabilité institutionnelle et la paix sociale. […] Cette recherche de sécurité, véritable quête de sûreté, n’impliquait pas qu’on doive renoncer à sa foi républicaine. Loin de là. […] Ce que cherchaient les hommes de l’an III, c’est le Saint Graal de tout révolutionnaire, au milieu de l’incertitude créée par une révolution : comment faire une république sans révolution ? »
C’est par ces mots qu’Alan Forrest introduit ce livre regroupant une équipe internationale d’historiens et d’historiennes. Comment sortir de la guerre civile sans renoncer à la République ? Restaurer au quotidien les contre-pouvoirs tout en luttant contre les royalistes d’une part et les Égaux rassemblés autour de Gracchus Babeuf, de l’autre ? Le thème de l’autorité républicaine confrontée au défi de la recherche de l’ordre est au centre de ce livre. Le présent ouvrage met en lumière la difficulté à instaurer un gouvernement légitime en mettant un terme à la Révolution française. Les plumes ici réunies esquissent de précieux portraits des hommes du Directoire (dont Sieyès, Carnot, Babeuf), dessinent un tableau saisissant des institutions de l’an III, et tentent de dresser le bilan de cette époque charnière, non seulement en France mais aussi au-delà des frontières.
Ressortent les idéaux, pensées, doutes, contradictions également, d’un régime fragile empêtré dans une profonde crise de confiance, mais bien disposé à forger la République.

La Fantasia – Albin Michel

Au soir de sa vie, dans la pénombre de son vaste appartement montpelliérain, Mariane se met en tête de confier un lourd secret à son petit-fils. C’était juste avant la guerre, en 1953, en Algérie, sa terre natale…

26 ans, deux beaux enfants d’un riche mari colon, Mariane ne connaît rien de la vie lorsque vole en éclats son univers trop prévisible lors d’un spectacle de fantasia. Plus fort que la fougue guerrière qui émane des cavaliers, plus poignant que le drame qui surgit, s’impose à elle la puissance d’un sentiment nouveau envers un jeune descendant des Maures. Sous nos yeux, Mariane se métamorphose en femme libre, bravant les convenances asphyxiantes de son milieu, prête à tous les sacrifices pour vivre cet amour jusqu’au bout.